Chevaux · Parasites internes
Vermifuger tous les chevaux quatre fois par an « au cas où » ne les protège pas mieux : cela sélectionne des parasites résistants. La vermifugation raisonnée du cheval part d'un comptage des œufs dans le crottin, la coproscopie, pour ne traiter que les chevaux qui en ont besoin. Voici la méthode recommandée par l'IFCE, pas à pas.
- Seuil : 200 OPG
- 3 coproscopies la première année
- 1 traitement d'automne pour tous
L'essentiel en 30 secondes
- La vermifugation raisonnée consiste à compter les œufs de parasites dans le crottin (coproscopie, résultat en œufs par gramme ou OPG) avant de décider de traiter.
- Repères de l'IFCE : moins de 200 OPG, le cheval est faible excréteur ; de 200 à 500, modéré ; au-delà de 500, fort excréteur.
- 70 à 80 % des chevaux adultes sont faibles ou modérés excréteurs et reçoivent 1 à 2 vermifuges par an ; les 20 à 30 % de forts excréteurs en reçoivent 3 à 4.
- Les coproscopies se font pendant la saison de pâturage. Un traitement de fin d'automne (ténias, larves enkystées, gastérophiles) reste conseillé pour tous.
- Le vermifuge est un médicament vétérinaire : le protocole se construit avec votre vétérinaire, idéalement lors de la visite vaccinale.
Sommaire
- Pourquoi ne plus vermifuger « à l'aveugle » ?
- Les parasites internes du cheval
- Ce que mesure la coproscopie
- Les signes d'un cheval parasité
- Le protocole en 4 étapes
- Le calendrier type de l'IFCE
- Coproscopie, nouveaux arrivants et jeunes
- La pâture, premier vermifuge
- Entre deux coproscopies : Vermi Horse
- Questions fréquentes
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Pourquoi ne plus vermifuger son cheval « à l'aveugle » ?
Pendant des décennies, le réflexe a été simple : un vermifuge à chaque saison, pour tout le monde. Le résultat est aujourd'hui mesuré. Dans le projet NGIS mené par l'IFCE en 2022-2023 sur 86 lots, 58 élevages et 740 équidés, les strongles se sont montrés résistants au fenbendazole dans 83 % des lots, au pyrantel dans 17 %, à l'ivermectine dans 8 % ; seule la moxidectine restait pleinement active. Or une résistance acquise ne se perd pas : les bonnes pratiques ne font que ralentir l'apparition des suivantes.
La deuxième découverte change tout : 15 à 30 % des chevaux de plus de 3 ans excrètent 80 % des œufs de strongles. Traiter ces chevaux-là, au bon moment, suffit à faire baisser la contamination de la pâture pour tout le groupe. Les autres n'ont besoin que d'un suivi et d'une couverture annuelle. C'est l'un des cinq piliers de prévention que nous détaillons dans notre guide de la santé du cheval au naturel.
Cette approche a un nom, la vermifugation raisonnée (ou ciblée), et une méthode précise : la coproscopie. Avant de la détailler, il faut savoir contre qui l'on se bat.
02
Les parasites internes du cheval, en chiffres
Les parasites digestifs occasionnent 4 à 9 % des décès de chevaux en Normandie selon le RESPE, et environ 70 % des jeunes de 6 mois à 2 ans sont parasités. Six familles comptent vraiment :
- Petits strongles (cyathostomes) : les plus fréquents chez l'adulte. Une femelle pond une centaine d'œufs par jour ; dans le crottin, la larve infestante se forme en 3 à 6 jours à 25 °C et survit 6 à 8 semaines en été, 3 semaines à −7 °C. Dans le cheval, 93 % de la population est constituée de larves, dont une partie s'enkyste dans la paroi du côlon pendant plusieurs mois. Leur sortie massive en fin d'hiver provoque la cyathostomose larvaire : diarrhée, œdèmes, amaigrissement brutal.
- Grands strongles (Strongylus vulgaris) : devenus rares, mais leurs larves migrent dans les artères de l'intestin pendant un cycle interne de 6 à 7 mois, avec un risque de coliques mortelles.
- Ascaris (Parascaris) : parasite des poulains et des jeunes jusqu'à 2 ans, cycle interne de 10 à 12 semaines, jusqu'à 20 000 œufs par jour. Les adultes développent une immunité.
- Ténias (Anoplocephala perfoliata) : transmis par un acarien de l'herbe (oribate), avec un pic d'infestation en automne. Au-delà d'une centaine de ténias, le risque de coliques devient important. La coproscopie les détecte mal.
- Gastérophiles : la mouche colle ses œufs jaunes sur les poils en été ; les larves passent environ 10 mois dans l'estomac, pour un cycle complet d'un an.
- Oxyures : fréquents au box, cycle de 5 mois, peu dangereux mais responsables du cheval qui se frotte la queue.
Pour les molécules qui ciblent chacun de ces parasites, consultez notre tableau des vermifuges du cheval.
03
Ce que mesure la coproscopie, et ce qu'elle ne voit pas
La coproscopie compte les œufs de strongles (et d'ascaris chez le jeune) par gramme de crottin. Elle ne distingue pas petits et grands strongles, mais plus de 90 % des œufs de strongles sont des petits strongles. Trois limites à connaître : elle ne voit pas les larves enkystées, elle détecte mal les ténias (excrétion intermittente : une sérologie ou un traitement de groupe est préférable), et elle est peu informative en hiver, quand l'excrétion s'effondre.
Bonne nouvelle pour l'éleveur : une seule collecte de crottin par coproscopie suffit, la variabilité d'un jour à l'autre étant négligeable. Il faut en revanche respecter un délai après le dernier vermifuge, sans quoi le résultat est faussé : 16 semaines après une moxidectine, 12 semaines après une ivermectine, 9 semaines après un fenbendazole ou un pyrantel. Le coût médian relevé par l'IFCE est de 12,50 € HT par analyse.
| Résultat (OPG) | Statut du cheval | Rythme de traitement indicatif |
|---|---|---|
| Moins de 200 | Faible excréteur | 1 à 2 traitements par an, dont celui de fin d'automne |
| 200 à 500 | Excréteur modéré | 1 à 2 traitements par an, selon le mode de vie |
| Plus de 500 | Fort excréteur | 3 à 4 traitements par an, puis coproscopie de contrôle |
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Les signes d'un cheval parasité
Un cheval peut héberger des parasites sans rien montrer : c'est précisément pour cela que l'on compte les œufs. Mais certains signes doivent déclencher une coproscopie.
| Signe observé | Cause possible | Que faire ? |
|---|---|---|
| Poil piqué, perte d'état malgré une ration correcte | Petits strongles, ténias | Coproscopie sous 15 jours |
| Diarrhée chronique, œdèmes du bas des membres, amaigrissement rapide en fin d'hiver | Cyathostomose larvaire | Urgence |
| Coliques légères et répétées, souvent après les repas | Ténias, gastérophiles, grands strongles | Bilan parasitaire |
| Colique franche : le cheval se couche, se roule, transpire | Multiples, dont les grands strongles | Urgence immédiate |
| Cheval qui se frotte la queue, crins ébouriffés, dépôts jaunâtres autour de l'anus | Oxyures | Scotch-test, hygiène autour de l'anus |
| Petits points jaunes collés sur les poils des membres et des épaules, en été | Œufs de gastérophiles | Retirer les œufs, traitement d'automne |
| Poulain à gros ventre, poil terne, retard de croissance, toux | Ascaris | Bilan dans la semaine |
| Coproscopie au-dessus de 500 OPG sans aucun signe | Fort excréteur | Traiter, puis coproscopie de contrôle |
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Le protocole de vermifugation raisonnée en 4 étapes
- Établir le statut de chaque cheval
La première année, 3 coproscopies sur chaque adulte de plus de 3 ans, pendant la saison de pâturage (par exemple mai, juillet, septembre). Le statut est stable chez 94 % des chevaux : un faible excréteur le reste à 84 % d'une saison à l'autre, un fort excréteur à 59 %.
- Adapter la fréquence au statut
Faible ou modéré (70 à 80 % de l'effectif) : 1 à 2 traitements par an, selon que le cheval vit au box, au paddock ou au pré. Fort excréteur (20 à 30 %) : 3 à 4 traitements par an. Statut instable (6 %) : on continue de suivre par coproscopie.
- Traiter au bon moment, tout le lot ensemble
Les forts excréteurs d'un même groupe sont traités le même jour : c'est ce qui fait chuter la contamination du pré. Chez l'adulte, on ne vermifuge pas en hiver.
- Vérifier que le produit fonctionne
Test de réduction : coproscopie entre J−7 et J−1 sur au moins 12 chevaux, traitement des forts excréteurs à J0, nouvelle coproscopie à J14. Efficacité = 100 × (OPG avant − OPG après) / OPG avant. Au-dessus de 90 %, le produit est utilisable ; en dessous, on en change avec le vétérinaire.
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Le calendrier type de l'IFCE pour un cheval adulte
| Période | Qui ? | Cibles |
|---|---|---|
| Printemps (avril-mai) | Forts excréteurs, et faibles selon le statut | Petits strongles adultes, grands strongles, ténias |
| Été (juillet-août) | Forts excréteurs seulement | Petits strongles adultes, oxyures |
| Fin d'automne (novembre) | Tous les chevaux | Larves enkystées, ténias, gastérophiles : au moins une lactone macrocyclique par an |
| Hiver | Personne (adultes) | Excrétion trop faible, coproscopie peu informative |
Les molécules et les doses sont du ressort du vétérinaire. Deux règles pratiques de l'IFCE : peser le cheval (ruban barymétrique chez le jeune, formule chez l'adulte) et majorer la dose de 15 à 20 % plutôt que de sous-doser ; rincer la bouche avant d'administrer et vérifier que le cheval ne recrache pas la pâte.

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Réussir sa coproscopie, et le cas des nouveaux arrivants et des jeunes
Bien réussir sa coproscopie
- Un crottin frais, prélevé juste après son émission, dans un sachet fermé et gardé au frais jusqu'au laboratoire ou au cabinet.
- Une seule collecte suffit ; inutile de prélever sur trois jours.
- Respecter le délai après le dernier vermifuge (9, 12 ou 16 semaines selon la molécule).
- Noter le nom du cheval, la date et le dernier traitement : la coproscopie n'a de valeur que comparée aux précédentes.
Les nouveaux arrivants
Un cheval qui arrive peut introduire des petits strongles résistants. L'IFCE recommande de le vermifuger (de préférence avec une lactone macrocyclique), de le garder 72 heures au box avant de le sortir au pré, puis de vérifier l'efficacité par une coproscopie.
Les jeunes, les poulains et les ânes
Les jeunes de 1 à 3 ans, plus sensibles, suivent le rythme des forts excréteurs (3 à 4 traitements par an) sans coproscopie préalable. Chez le poulain, la cible principale est l'ascaris, avec une première coproscopie vers 6 mois ; la moxidectine est proscrite avant 4 mois. Les ânes hébergent les mêmes parasites, souvent sans signes : ce sont des réservoirs à inclure dans le protocole.
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La pâture, premier vermifuge
Les mesures d'élevage pèsent autant que les molécules, et elles ne créent aucune résistance :
- Ramasser les crottins régulièrement : la mesure la plus efficace selon la Chambre d'agriculture de Normandie et l'IFCE.
- Ne jamais épandre de fumier non composté sur les paddocks.
- Limiter le chargement : un pré surpâturé oblige les chevaux à brouter près des crottins.
- Alterner avec des ruminants (la plupart des parasites sont propres à une espèce) et alterner jeunes et adultes.
- Faucher, herser ou broyer uniquement par temps chaud et sec, puis laisser reposer plusieurs mois ; par temps humide, cela disperse les larves.
- Ne pas changer de pré juste après un vermifuge : la nouvelle parcelle serait ensemencée par les seuls survivants, c'est-à-dire les résistants.
- Nettoyer les box de poulinage à l'eau à plus de 60 °C sous pression pour détruire les œufs d'ascaris.
Les vermifuges sont des médicaments vétérinaires délivrés sur ordonnance, avec une autorisation de mise sur le marché pour le cheval. L'IFCE met en garde contre les contrefaçons vendues en ligne.
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Entre deux coproscopies, accompagner le confort digestif
Vermi Horse est un aliment complémentaire pour chevaux, poneys et ânes, à base de miel, de vinaigre de cidre bio et d'huiles essentielles de boldo et d'eucalyptus, présenté en injecteur oral de 60 ml prêt à l'emploi. Il accompagne le confort digestif du cheval, entre deux coproscopies.
| Équidé | Dose par jour |
|---|---|
| Cheval, jument, double poney | 30 ml |
| Poney, poulain | 15 ml |
La dose se donne à J1 et se renouvelle à J8, directement dans la bouche ou mélangée à la ration. Comptez 2 à 4 cures par an selon le mode de vie (box, pré, mixte), de préférence au printemps et à l'automne, au poulinage pour la jument et au sevrage pour le poulain. Utilisable pendant la gestation et l'allaitement, sans délai d'attente en compétition.
Le conseil de l'éleveur
Notez sur un carnet, pour chaque cheval, la date et le résultat de chaque coproscopie, les traitements donnés et les cures de Vermi Horse : en deux saisons, vous connaîtrez le statut de chacun et vous éviterez les traitements inutiles. Voir Vermi Horse
Retrouvez tous nos soins à base de plantes pour chevaux et équidés, et notre guide pour savoir quel vermifuge choisir et quand vermifuger son cheval.
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Questions fréquentes sur la vermifugation raisonnée du cheval
À partir de combien d'OPG faut-il vermifuger un cheval ?
Le seuil de décision retenu par l'IFCE est de 200 œufs par gramme de crottin. En dessous, le cheval est faible excréteur : il n'est pas traité en cours de saison, seulement en fin d'automne ; entre 200 et 500, il est modéré ; au-dessus de 500, c'est un fort excréteur, traité 3 à 4 fois par an. Le vétérinaire interprète le chiffre selon l'âge, l'état et le mode de vie du cheval.
Combien de coproscopies par an pour un cheval ?
Trois la première année (par exemple mai, juillet et septembre) pour établir le statut d'excrétion, puis une à deux par an, ciblées sur les forts et modérés excréteurs et sur les chevaux au statut instable. Les faibles excréteurs confirmés sont simplement recontrôlés de temps en temps.
Combien de temps après un vermifuge peut-on faire une coproscopie ?
Il faut attendre que le produit ait cessé d'agir : 9 semaines après un fenbendazole ou un pyrantel, 12 semaines après une ivermectine, 16 semaines après une moxidectine. Pour un test d'efficacité, en revanche, on compare volontairement une coproscopie juste avant le traitement et une autre 14 jours après.
Peut-on faire une coproscopie en hiver ?
C'est peu utile chez l'adulte : l'excrétion d'œufs s'effondre en hiver et le résultat n'apprend presque rien. Les coproscopies se font pendant la saison de pâturage ; pour l'hiver, le repère est le traitement de fin d'automne, qui vise les larves enkystées, les ténias et les gastérophiles.
La coproscopie détecte-t-elle les ténias du cheval ?
Mal : l'excrétion des œufs de ténias est intermittente, et un résultat négatif ne permet pas d'exclure leur présence. On s'appuie plutôt sur une sérologie, sur la pression connue du troupeau et sur le traitement d'automne, période du pic d'infestation.
Combien coûte une coproscopie pour cheval ?
L'IFCE relève un coût médian de 12,50 € HT par analyse (de 9,70 à 17 € selon les laboratoires). Avec 3 analyses la première année, puis 1 à 2 par an, la coproscopie revient moins cher que des vermifuges systématiques, tout en préservant leur efficacité.
Peut-on donner Vermi Horse à une jument gestante ?
Oui : Vermi Horse s'utilise pendant la gestation et l'allaitement, à raison de 30 ml par jour à J1 puis à J8. Il est aussi conseillé au poulinage pour la jument et au sevrage pour le poulain (15 ml par jour).
Mon cheval vit seul au pré : dois-je quand même faire des coproscopies ?
Oui. Un cheval seul recontamine son propre pré, et le ramassage des crottins ne suffit pas toujours. Une à deux coproscopies pendant la saison de pâturage, plus le traitement d'automne décidé avec le vétérinaire, constituent un suivi suffisant dans la plupart des cas.
Nos sources
- IFCE, poster « Vermifugation raisonnée » : seuils d'OPG, statuts d'excrétion, fréquences de traitement.
- IFCE, la vermifugation des chevaux âgés de plus d'un an : protocole saisonnier, nouveaux arrivants, pesée, résistances.
- IFCE, webconférence « Vermifugation raisonnée », 2023 : projet NGIS, part des forts excréteurs, délais après traitement, coût des coproscopies.
- Chambre d'agriculture de Normandie et IFCE, vermifugation raisonnée des équins : calendrier, test de résistance, gestion des pâtures, poulains.
- RESPE, fiche « Parasites digestifs » : cycles, survie des larves, signes cliniques.
- Équipédia (IFCE), les petits strongles ou cyathostomes.
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