Chèvres et moutons · Coccidiose
La coccidiose est l'une des premières causes de diarrhée chez les chevreaux et les agneaux de 3 semaines à 5 mois. Due à des parasites microscopiques du genre Eimeria, elle frappe surtout après le sevrage, dans les bâtiments humides et chargés. Elle peut tuer, mais elle coûte surtout en croissance perdue, souvent sans signe visible. Voici comment la reconnaître, comprendre sa transmission et la prévenir, de l'hygiène du bâtiment aux plantes.
- Jeunes de 3 semaines à 5 mois
- Litière sèche
- Auges surélevées
- Coproscopie en cas de doute
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Une maladie des jeunes, liée aux conditions d'élevage
La coccidiose est une maladie parasitaire de l'intestin. Les coccidies, des protozoaires du genre Eimeria, se multiplient dans les cellules de la muqueuse intestinale et la détruisent : l'animal absorbe mal sa ration, perd de l'eau, parfois du sang, et cesse de grandir.
Presque tous les troupeaux hébergent des coccidies. Les adultes, immunisés, les portent sans symptôme mais les rejettent dans leurs crottes et contaminent la litière et les parcours. Les jeunes n'ont pas encore d'immunité : ils tombent malades quand ils avalent beaucoup de parasites en peu de temps, en général entre 3 semaines et 5 mois, avec un pic dans les deux à trois semaines qui suivent le sevrage.
La forme la plus coûteuse est souvent invisible : des chevreaux et des agneaux qui mangent mais ne profitent pas, avec un retard de croissance qui se rattrape mal.

Des espèces propres à chaque animal
Chez la chèvre, les plus pathogènes sont Eimeria ninakohlyakimovae, E. arloingi et E. christenseni ; chez le mouton, E. ovinoidalis et E. crandallis.
Pas de contamination croisée
Les coccidies de la chèvre n'infectent pas le mouton, et inversement. Celles des poules ou des lapins ne passent pas non plus aux ruminants.
Les plus exposés
Chevreaux et agneaux de 3 semaines à 5 mois, surtout après le sevrage, un transport, un regroupement ou un changement de ration.
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Le cycle d'Eimeria et la transmission
Comprendre le cycle du parasite, c'est savoir où agir. Les coccidies se transmettent uniquement par la bouche, à partir des crottes : la coccidiose est d'abord une maladie de l'hygiène et de la densité.
- Ingestion
Le jeune avale des oocystes infectants en léchant la litière, en buvant une eau souillée, en mangeant au sol ou en tétant une mamelle sale.
- Multiplication dans l'intestin
Les parasites envahissent les cellules de l'intestin grêle, puis du cæcum et du côlon, s'y multiplient sur plusieurs générations et détruisent la muqueuse. Il s'écoule de 10 jours à 3 semaines entre l'ingestion et les premiers symptômes.
- Excrétion
L'animal infecté rejette des oocystes, formes de résistance du parasite (et non des œufs), jusqu'à des centaines de milliers par gramme de crottes dans les cas graves.
- Maturation au sol
Dans une litière chaude et humide, les oocystes deviennent infectants en 2 à 4 jours. Ils survivent des mois dans le milieu et résistent à la plupart des désinfectants courants.
Ce qui fait grimper la pression parasitaire
Litière humide et chaude, bâtiment mal ventilé, forte densité, aliment distribué au sol, abreuvoirs souillés, mélange de jeunes d'âges différents, stress (sevrage, transport, regroupement, changement de ration) et colostrum insuffisant à la naissance.
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Reconnaître les symptômes
Les signes apparaissent souvent sur plusieurs jeunes du même lot. On distingue trois formes.
| Forme | Signes | Ce qu'il faut faire |
|---|---|---|
| Subclinique (la plus fréquente) | Croissance ralentie, poil piqué, appétit irrégulier, crottes parfois molles. | Peser les jeunes, faire une coproscopie, renforcer l'hygiène. |
| Clinique | Diarrhée pâteuse puis liquide, parfois avec du mucus ou du sang, arrière-train souillé, efforts pour déféquer, abattement, amaigrissement, muqueuses pâles en cas de pertes de sang. | Isoler et réhydrater les malades. |
| Suraiguë | Mort rapide d'un ou de plusieurs jeunes, parfois avant même l'apparition de la diarrhée. | Autopsie pour confirmer la cause. |
Repérer la déshydratation
- Œil enfoncé dans l'orbite.
- Pli de peau du cou qui reste marqué plus de 2 secondes.
- Bouche et gencives sèches, extrémités froides chez le jeune très atteint.
- Jeune qui ne tète plus, ne mange plus ou ne se lève plus.
Le traitement vétérinaire de la coccidiose
La coccidiose clinique se soigne par un anticoccidien prescrit pour tout le lot, avec une réhydratation des jeunes les plus atteints.
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Confirmer le diagnostic
Une diarrhée de jeune n'est pas toujours une coccidiose. Le diagnostic repose sur trois éléments : l'âge des malades, les signes cliniques et la coproscopie.
Prélevez des crottes fraîches, directement au rectum, sur 5 à 10 jeunes du lot, et portez-les au vétérinaire ou au laboratoire dans la journée, au frais. L'analyse compte les oocystes par gramme de crottes et identifie les espèces présentes.
Trouver des oocystes est presque toujours normal : c'est leur nombre, l'espèce en cause et l'état des animaux qui comptent. À l'autopsie, l'intestin grêle montre des taches blanchâtres sur la muqueuse et une paroi épaissie.
Les autres causes de diarrhée à écarter
| Maladie | Âge typique | Indices |
|---|---|---|
| Colibacillose | Premiers jours de vie. | Diarrhée jaunâtre, jeune qui s'affaiblit très vite. |
| Cryptosporidiose | 4 à 21 jours. | Diarrhée jaune et liquide, très contagieuse, transmissible à l'homme. |
| Coccidiose | 3 semaines à 5 mois. | Diarrhée pâteuse à liquide, parfois sanglante, retard de croissance. |
| Strongles digestifs | Jeunes au pâturage, dès leur première saison d'herbe. | Amaigrissement, diarrhée, anémie selon l'espèce de ver. Chez l'agneau, Nematodirus provoque au printemps des diarrhées brutales. |
| Entérotoxémie | Tout âge, surtout les jeunes en croissance rapide. | Mort brutale, parfois précédée de diarrhée, après un changement de ration ou une suralimentation. |
| Salmonellose | Tout âge. | Diarrhée fétide, fièvre, avortements possibles chez les femelles. |
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Prévenir : l'hygiène avant tout
La prévention de la coccidiose repose d'abord sur la réduction du nombre d'oocystes que les jeunes avalent. Aucune cure ne compense une litière détrempée.
Il ne s'agit pas de stériliser la bergerie : un contact modéré avec les coccidies permet au jeune de construire son immunité. Le but est d'éviter les fortes doses d'un coup, au moment où il est le plus fragile.
Dans les élevages à problème, le vétérinaire peut aussi prescrire un anticoccidien au lot (toltrazuril, diclazuril, décoquinate), au moment où la pression monte.

- Litière sèche : paillez souvent, surtout autour des abreuvoirs, et curez régulièrement les cases des jeunes.
- Auges, râteliers et abreuvoirs surélevés, conçus pour que les jeunes ne puissent ni y monter ni y déféquer.
- Jamais d'aliment ni de foin distribué au sol.
- Eau propre, changée chaque jour.
- Lots d'âge homogène : ne mélangez pas les plus jeunes aux animaux plus âgés, gros excréteurs.
- Densité raisonnable et bâtiment ventilé, sans courant d'air.
- Cases de mise bas propres, mamelles propres, colostrum dans les premières heures de vie.
- Au parcours, évitez les zones boueuses autour des points d'eau et faites tourner les parcelles des jeunes.
Le vide sanitaire
Les oocystes résistent à l'eau de Javel et à la plupart des désinfectants courants. Entre deux lots : curage complet, nettoyage à l'eau chaude sous pression, séchage, puis désinfectant à action oocysticide, en respectant le temps de contact indiqué.
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Les plantes et Coxi Cap en accompagnement
La phytothérapie trouve sa place dans la prévention, aux périodes où la flore et la muqueuse intestinale sont mises à l'épreuve. Quelques plantes sont traditionnellement utilisées pour la digestion des ruminants.
Thym
Antiseptique digestif, riche en thymol et en carvacrol.
Salicaire
Astringente grâce à ses tanins, utilisée lors des diarrhées.
Verge d'or
Traditionnellement utilisée comme plante drainante.
Busserole (uva ursi)
Riche en tanins, elle soutient les muqueuses.
Coxi Cap est un aliment complémentaire à base de plantes pour chèvres et moutons, présenté en vermicelles à mélanger à la ration. Il accompagne l'équilibre de la flore intestinale et le confort digestif des jeunes et des adultes en période de pression coccidienne. Distribuez-le selon la dose indiquée sur la fiche produit, avec ces repères de durée.
| Situation | Cure conseillée |
|---|---|
| Après le sevrage | Une cure de 5 jours. |
| Diarrhée déclarée | Une cure de 6 jours, en accompagnement du traitement prescrit par le vétérinaire, avec une hygiène renforcée. |
| Période humide ou confinement | Une cure préventive par mois. |
| Nouvel arrivant ou lot stressé | Une cure dès l'introduction. |
Coccidies ou vers ?
Les coccidies ne sont pas des vers : les vermifuges n'agissent pas sur elles. Si la coproscopie révèle aussi des strongles, Vermi Cap, aliment complémentaire à base de plantes, accompagne l'hygiène intestinale : 100 g par chèvre naine, 150 g par animal de grande race (chèvre, mouton), en une prise ou sur 5 jours. Faites une cure à la fois.
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Questions fréquentes sur la coccidiose des chèvres et moutons
La coccidiose de la chèvre se transmet-elle au mouton ?
Non. Les espèces d'Eimeria sont propres à chaque hôte : celles de la chèvre n'infectent pas le mouton, et inversement. Les coccidies des poules et des lapins ne passent pas non plus aux ruminants.
À quel âge les chevreaux et les agneaux sont-ils le plus exposés ?
Entre 3 semaines et 5 mois, avec un pic dans les deux à trois semaines qui suivent le sevrage ou un regroupement.
Comment savoir si la diarrhée vient bien de la coccidiose ?
Par une coproscopie sur les crottes fraîches de plusieurs jeunes, interprétée par le vétérinaire avec l'âge et les signes des animaux. Cryptosporidiose, strongles ou entérotoxémie donnent des tableaux proches.
Les chèvres adultes peuvent-elles transmettre la coccidiose ?
Oui. Immunisées, elles ne tombent pas malades mais rejettent des oocystes qui contaminent la litière et les parcours. Les jeunes s'infectent à leur contact.
Comment désinfecter une bergerie après une coccidiose ?
Curez entièrement, nettoyez à l'eau chaude sous pression, laissez sécher, puis appliquez un désinfectant oocysticide : l'eau de Javel ne suffit pas contre les oocystes.
Quand donner Coxi Cap aux chevreaux et aux agneaux ?
En cure de 5 jours après le sevrage, dès l'arrivée d'un nouvel animal ou d'un lot stressé, et une fois par mois en période humide, selon la dose indiquée sur la fiche produit.
Sullivan, éleveur depuis 20 ans et fondateur de Diatosphère
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